Les indigènes marchent sur le Parlement
Article publié le 14/10/2008 Dernière mise à jour le 14/10/2008 à 05:07 TU
Plusieurs milliers de partisans du président Evo Morales ont entamé une longue marche dans le village de Caracollo vers La Paz pour défendre le projet de nouvelle Constitution et réclamer la tenue d'un référendum constitutionnel sur ce projet.
Evo Morales a rejoint les manifestants dans le village de Caracollo où débute un marathon de 200 km, pour réclamer au Congrès la convocation d'un référendum constitutionnel, rejeté par l'opposition.
(Photo : Reuters)
De notre correspondant à La Paz, Reza Nourmamode
« La nouvelle Constitution est extrêmement importante car elle donne les mêmes droits à tous, lance Pedro, venu de sa lointaine province pour participer à la marche. Personne n’est marginalisé. Noirs, blancs, blonds, nous sommes tous Boliviens. C’est cela que nous allons défendre. Avec une marche, et à n’importe quel coût ».
A 62 ans, ce syndicaliste n’a pas hésité à se lancer dans une éprouvante marche d’environ 200 km, sous le climat hostile de l’Altiplano bolivien à plus de 4 000 mètres d’altitude, pour rallier La Paz, siège du Parlement.
Comme lui, au moins 10 000 personnes ont répondu à l’appel des mouvements sociaux et devraient arriver sur place autour du 20 octobre prochain.
L’objectif pour la gauche au pouvoir : mettre la pression sur le Parlement pour que soit voté le référendum sur la nouvelle Constitution. Le gouvernement a en effet besoin du Sénat, où l'opposition est majoritaire, pour faire approuver le référendum. Or la droite réclame la modification de nombreux articles de la nouvelle Constitution rédigée l’an passé, notamment ceux sur la réélection présidentiel et sur l'extension maximale autorisée des propriétés foncières, ce que le gouvernement refuse.
Pression populaire
Lassés de l’attitude de l’opposition, et encouragés par le gouvernement, les mouvements sociaux ont donc décidé de se mobiliser pour sauver un projet constitutionnel qui bénéficie aux populations indigènes et défavorisées.
Peu avant de prendre la tête de la marche pour le premier kilomètre, Evo Morales a remercié ses troupes : « je veux saluer la conscience du peuple bolivien pour garantir ces transformations, au niveau économique, niveau social, au niveau culturel, a lancé sous les vivats le chef de l’Etat. Tout cela pour persuader ce petit groupe d’opposants qui de façon permanente a empêché une transformation profonde de notre pays ».
Si le Parlement viabilise le référendum constitutionnel, ce dernier pourrait être convoqué pour le début de l’année prochaine. L’opposition a cependant prévenu qu’elle ne cèderait pas à la pression populaire.
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